L’Europe, d’hier et de demain – La mosaïque de Schengen

De récentes découvertes archéologiques tendent à prouver qu’il existe bien une identité européenne et comme le souligne Jean-Paul Jacob, président de l’Institut national de Recherches archéologiques préventives (INRAP), pour aborder les histoires nationales, on ne peut faire abstraction de celle du vieux continent dans son ensemble.

Il n’en reste pas moins vrai que le continent européen n’existe pas en tant qu’entité physique, il partage avec l’Asie une seule plaque tectonique et constitue avec elle un supercontinent, l’Eurasie. Les limites géographiques de l’Europe sont donc une convention. La dénomination même découle d’un mythe. Dans la Grèce antique, on raconte que Zeus enleva une princesse phénicienne appelée Europe et pour lui plaire, donna son nom au continent. Pour les Grecs de l’époque, l’Europe correspondait à l’empire d’Occident par opposition à l’Asie mineure, l’Anatolie actuelle.

Sur le plan historique, des archives relatant la Bataille de Poitiers en 732 évoquent « des troupes européennes découvrant des tentes musulmanes ».  Mais la première Europe politique est l’Empire de Charlemagne dans les années 800, dès lors qu’il pose les principes de gouvernement dont ont hérité les grands états européens. Cependant il faut attendre 1985 pour que 5 états européens instaurent l’Espace Schengen, permettant une libre circulation des personnes dans cette étendue ainsi délimitée, tout en assurant une protection externe renforcée.

Ce territoire sans frontières, du nom du village luxembourgeois où fut signé l‘accord, compte aujourd’hui 25 états, dont 22 sont membres de l’UE et 3 associés ( Islande, Norvège, Suisse) . L’Irlande et le Royaume-Uni n’en font pas partie, d’où le contrôle douanier à leurs frontières. La Bulgarie et la Roumanie, membre de l’UE, n’ont pas encore adhéré. De plus, la zone Euro créée en 1999, regroupe seulement 16 pays de l’UE. Enfin bien que français, anglais et  allemand soient les langues privilégiées au sein de la communauté, on peut dire que la véritable langue de l’Europe est la traduction…

Il faut bien reconnaitre que tout ceci est loin d’être simple ni facile à gérer ! Alors quel est le ciment qui lie cette mosaïque ?

De Maastricht en 1992 à Lisbonne en 2009

Le Traité de Maastricht s’appuyait sur 3 piliers :

–  les Communautés européennes ( CEC, CECA, Euratom) appliquant le principe de subsidiarité, c’est-à-dire que la Communauté n’intervient que là où l’action commune est préférable à l’action isolée

une politique étrangère et de sécurité commune (PESC) qui relève de la méthode dite « intergouvernementale » coopérative

une coopération policière et judiciaire pénale contre la fraude internationale

Le traité de Lisbonne dote l’UE du cadre juridique et des moyens nécessaires pour faire face aux enjeux futurs, agir et répondre aux attentes des citoyens. S’il modifie les traités existants, il n’est pas un traité constitutionnel. Il prévoit pour la première fois une clause de sortie qui confère aux Etats membres le droit de se retirer de l’UE. A suivre …

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